ALLISS, acronyme d’Alliance Sciences Société, est une association loi 1901 qui structure la coopération entre le tiers secteur de la recherche et les établissements publics d’enseignement supérieur et de recherche en France. Le portail alliance-sciences-societe.fr constitue son interface numérique, orientée vers la coproduction de connaissances et le plaidoyer institutionnel.
Tiers secteur de la recherche : une notion à définir avant tout
Le concept de tiers secteur de la recherche (TSR) forme le socle de la mission d’ALLISS. Sans cette définition, le reste de l’activité de l’association reste opaque.
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Selon la définition portée par ALLISS, le TSR regroupe trois catégories d’acteurs :
- Le secteur non marchand : associations, syndicats, collectivités territoriales qui produisent ou mobilisent des connaissances dans le cadre de leurs activités.
- Le secteur marchand à but non lucratif : structures de l’économie sociale et solidaire, groupements professionnels, coopératives engagées dans des démarches de recherche appliquée.
- Les organisations à but lucratif de petite taille : auto-entrepreneurs, groupements agricoles ou artisanaux dont les pratiques génèrent des savoirs techniques souvent non formalisés.
Ce périmètre dépasse largement la vulgarisation scientifique grand public. Le TSR désigne des acteurs qui ne relèvent ni de la recherche académique ni de la R&D industrielle, mais qui participent concrètement à la production de connaissances.
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C’est cette catégorie, longtemps restée sans reconnaissance institutionnelle, qu’ALLISS cherche à rendre visible et à intégrer dans les politiques publiques de recherche et d’innovation.

ALLISS et la coproduction de savoirs : un positionnement distinct de la médiation scientifique
Une confusion fréquente consiste à assimiler ALLISS à une plateforme de culture scientifique. Le portail alliance-sciences-societe.fr ne diffuse pas de contenus pédagogiques destinés au grand public.
Son rôle est celui d’un intermédiaire structurant entre chercheurs et acteurs du TSR. La logique n’est pas descendante (un laboratoire explique ses travaux à des citoyens), mais horizontale : des acteurs de terrain et des chercheurs collaborent pour produire ensemble des connaissances utiles aux deux parties.
Cette orientation place ALLISS au croisement de trois champs : les sciences participatives, la gouvernance des savoirs et l’action territoriale. Les projets accompagnés ne se limitent pas à collecter des données citoyennes pour alimenter des protocoles académiques. Ils impliquent une co-construction des questions de recherche, des méthodes et de l’interprétation des résultats.
Recherche citoyenne et recherche participative : une distinction opérationnelle
Le colloque de Cerisy consacré à la nouvelle alliance sciences-sociétés a mis en lumière un problème de vocabulaire. L’expression « science citoyenne » tend à assimiler la production de connaissances du TSR à la production scientifique académique, ce qui brouille les spécificités de chacune.
Pierre-Benoit Joly propose le concept de recherche citoyenne pour désigner les capacités propres du TSR à produire des connaissances, sans les réduire à un sous-produit de la recherche universitaire. ALLISS s’inscrit dans cette perspective en défendant la reconnaissance institutionnelle de ces savoirs comme une composante à part entière du paysage français de la recherche.
Mode d’action d’ALLISS : plaidoyer, interfaçage et capitalisation
L’activité d’ALLISS ne se résume pas à mettre en contact des associations avec des laboratoires. L’association opère simultanément sur trois niveaux, ce qui lui confère un rôle plus stratégique qu’un simple accompagnement de projets.
Le premier niveau est le plaidoyer auprès des institutions publiques. ALLISS milite pour que les politiques de recherche et d’innovation intègrent le TSR comme un acteur légitime. L’association porte un constat clair : les coopérations entre TSR et enseignement supérieur sont massives mais restent invisibles dans les cadres institutionnels. Une somme d’actions ponctuelles ne remplace pas une politique structurée.
Le deuxième niveau concerne l’interfaçage opérationnel. L’association anime des groupes de travail thématiques qui réunissent chercheurs, responsables associatifs et acteurs territoriaux. Ces groupes identifient les freins concrets à la coopération (incompatibilités de calendrier, absence de financement croisé, méconnaissance mutuelle des méthodes) et proposent des solutions pratiques.
Le troisième niveau porte sur la capitalisation des pratiques. Le portail alliance-sciences-societe.fr centralise des ressources méthodologiques, des retours d’expérience et des outils de mise en réseau. La plateforme collaborative reseau.alliss.org, ouverte aux non-membres, permet aux acteurs du TSR de se connecter et de partager leurs démarches.

Adhésion et réseau ALLISS : qui sont les membres en France
ALLISS fonctionne sur un modèle associatif ouvert. L’adhésion est accessible via la plateforme HelloAsso, et la participation aux activités collaboratives ne nécessite pas obligatoirement le statut de membre.
Le réseau rassemble des profils variés répartis sur l’ensemble du territoire, y compris dans des régions comme Auvergne-Rhone-Alpes, Ile-de-France ou Provence-Alpes. Cette couverture géographique reflète la dimension territoriale du TSR : les coopérations entre recherche et société civile se construisent souvent à l’échelle locale, autour de problématiques spécifiques à un bassin de vie.
Les membres incluent des associations d’éducation populaire, des structures d’insertion, des collectivités engagées dans des démarches participatives, des universités et des organismes de recherche comme INRAE. L’engagement d’INRAE dans ALLISS illustre la reconnaissance progressive du TSR par les institutions scientifiques elles-mêmes.
Groupes de travail et activités thématiques
Les groupes de travail constituent le moteur opérationnel de l’association. Chaque groupe se concentre sur une problématique identifiée (financement de la recherche participative, formation croisée entre chercheurs et acteurs associatifs, cadrage juridique des partenariats). Les résultats alimentent à la fois le plaidoyer national et les ressources mises à disposition sur le portail.
Le TSR reste orphelin d’une politique de recherche digne de ce nom, selon la formulation portée par ALLISS. Cette affirmation résume la tension centrale que l’association cherche à résoudre : malgré la densité des coopérations existantes, aucun cadre institutionnel ne les reconnaît ni ne les soutient de façon cohérente. Le portail alliance-sciences-societe.fr matérialise cette ambition en offrant un espace de convergence entre des acteurs dispersés, dans l’attente d’une réforme structurelle des politiques françaises de recherche et d’innovation.

