Ce qu’il faut retenir sur la volkswagen ID.4 électrique

1967. Sur la ligne de départ, un Meyers Manx, ce buggy tout-terrain aux airs de grenouille montée sur ressorts, dévore la poussière du NORRA Mexican 1000. Plus d’un demi-siècle plus tard, Volkswagen revient sur la péninsule de Baja, non plus avec une Coccinelle revisitée mais avec son ID.4 électrique, bien décidé à prouver que les moteurs à batterie ne craignent ni les cailloux ni la chaleur.

Pour affronter ce parcours redouté, le constructeur allemand n’a pas lancé un simple modèle de série dans l’arène. La base, c’est un ID.4 1ère édition de 2021 : un SUV électrique de 201 chevaux, propulsion arrière et batterie 50 kWh. Mais pour survivre dans le désert mexicain, il a fallu muscler le jeu. Rhys Millen Racing s’est chargé de la métamorphose. Leur recette ? Suspensions rallye, bras de contrôle avant tubulaires, bras arrière en acier renforcé : l’ID.4 gagne deux pouces de garde au sol. Un détail qui, sur les pistes défoncées de Baja, peut séparer la voiture rentrée à l’heure du tas de tôles abandonné.

Mais le défi ne s’arrête pas là. Pour éviter la surchauffe, le radiateur s’est offert une cure d’altitude : déplacé plusieurs centimètres plus haut, il respire mieux et améliore du même coup l’angle d’attaque du véhicule. Sous la carrosserie, des plaques de protection et des renforts en acier de 8/8 pouces balisent la route contre les cailloux assassins. Et pour que rien ne manque à l’allure conquérante de la bête, des jantes OZ chaussées de pneus 141/70 R hors route sont de la partie.

Rhys Millen, à la tête de l’écurie ayant préparé la voiture, résume l’enjeu : « Il faut beaucoup de confiance et de préparation pour présenter un véhicule standard sur la ligne de départ d’une telle course, surtout quand il s’agit d’une voiture électrique comme l’ID.4 ». Le résultat a surpris même les plus sceptiques : le SUV s’est rapidement adapté aux pièges du désert.

Le groupe motopropulseur électrique, lui, demeure fidèle à l’origine. Aucun compromis sur la mécanique : le gros du travail a porté sur la protection de l’électronique. Les composants sensibles bénéficient d’un blindage supplémentaire contre la poussière et les projections. La cabine, elle, adopte les codes du rallye : arceau de sécurité, sièges baquets, nouveaux écrans pour surveiller en continu les données du moteur électrique et de la batterie.

Le NORRA Mexican 1000 se tiendra du 25 au 29 avril 2021. Au volant, on retrouve Tanner Foust, pilote professionnel aguerri, accompagné d’Emme Hall, journaliste spécialisée et copilote d’un jour. Cette édition s’annonce corsée : 1 820 miles à parcourir, dont près de 800 miles de pure piste hors route.

Pour tenir la distance, l’équipe prévoit une solution d’appoint futée : un générateur de biocarburant alimentera un chargeur rapide portable de 25 kWh, permettant de recharger les batteries sur les bivouacs. Cette année, contexte sanitaire oblige, la course prendra la forme d’une boucle. Objectif pour Foust : boucler 98 % de chaque segment sans recharge intermédiaire.

Le défi ne s’arrête pas à franchir la ligne. Foust précise : « Nous travaillons main dans la main avec les ingénieurs Volkswagen pour ajuster notre style de pilotage selon chaque terrain, en cherchant le juste équilibre entre vitesse et autonomie. La compétition électrique débute à peine, mais les idées pour la suite fourmillent déjà. »

Le sable, la poussière et les volts : à Baja, l’ID.4 n’est pas seulement un pari technique. C’est l’annonce d’une ère où l’électrique ne se contente plus des parkings de supermarché. Qui sait ce que nous réservera la prochaine traversée ?

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